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Quand j’étais plus jeune, mes parents m’ont appris les bonnes manières : ne pas fixer les gens du regard, tenir la porte ouverte, ne pas parler la bouche pleine, respecter les aînés, etc. Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses formes de politesse que j’ai apprises quand j’étais enfant.
Mais, j’ai récemment réalisé qu’il existe aussi des formes de politesse peu communes – que je qualifierais de grande courtoisie – que certaines personnes adoptent naturellement et qui contribuent à rendre le monde meilleur. Ces gestes de grande courtoisie sont des actes de gentillesse anonyme qui transforment des inconnus en amis et donnent à la famille un caractère royal.
Un jour, il y a bien des années de cela, mon téléphone a sonné à 5 heures du matin. Je venais d’embrasser mon mari et de fermer la porte derrière lui, le laissant partir au travail. La voix au téléphone était celle de son patron. Je lui ai dit que mon mari était déjà parti.
« Ce n’est pas à lui que je veux parler, c’est à votre fille, a-t-il dit. J’ai besoin d’elle pour être signaleuse aujourd’hui à Heber. »
« Oh, je suis désolée. Elle a prévu d’aller à Phoenix aujourd’hui. Elle ne sera donc pas disponible. » La déception dans sa voix a réveillé mon instinct maternel. Avant même de réfléchir à ce que je faisais, je m’étais portée volontaire pour remplacer ma fille. Après tout, être signaleuse ne devait pas être si difficile? Tout le monde pouvait le faire, non?
« Soyez sur place à sept heures pile », a-t-il dit avant de raccrocher.
« Mais, qu’est-ce que j’ai fait là? » me suis-je tout de suite demandé. J’avais déjà vu des signaleurs à l’œuvre tenant des pancartes sur des chantiers, tout affalés et en sueur. Ce travail n’avait pas l’air d’une partie de plaisir! Je me demandais même si j’allais être capable de rester là toute la journée. Mes pieds me feraient souffrir le martyr. Je risquais de m’évanouir à cause de la chaleur… Toutefois, j’ai résisté à l’envie de prendre le téléphone et de le rappeler en repensant au ton de désespoir qu’il y avait dans sa voix. Non, il n’était pas question que je baisse les bras sur la ligne de départ.
En arrivant à Heber City, j’ai rejoint deux étudiants qui, comme moi, étaient là pour occuper les postes de signaleurs. Le chef d’équipe m’a demandé si je préférais être signaleuse ou conduire la voiture pilote. Cette seconde responsabilité me paraissait être l’option idéale pour moi. « Je vais conduire », lui ai-je répondu, après quoi j’ai poussé un soupir de soulagement. Au moins, je ne m’évanouirais pas en brandissant un panneau.
La première traversée du chantier s’est déroulée comme un jeu d’enfant. J’avais un sentiment de pouvoir. Après tout, c’était moi qui avais le choix entre accélérer les choses ou prendre mon temps. Mais, à mesure que la journée avançait, j’étais frustrée par les conducteurs impatients qui passaient devant moi. Ces fous du volant n’étaient-ils pas censés me suivre? « Ohé, c’est moi qui mène ici! Restez derrière moi! », avais-je envie de crier. Mais tout le monde s’en fichait. Je n’étais que la voiture pilote, un obstacle de plus sur la route!
Il faisait chaud et mon dos avait commencé à me faire souffrir. Environ deux heures avant la fermeture du chantier, j’étais complètement misérable! Je regrettais ma décision trop rapide d’avoir accepté de prendre la place de ma fille.
Et puis c’est arrivé… Quelqu’un a fait preuve à mon égard d’une inhabituelle courtoisie qui a transformé ma journée. Alors que je passais devant la machinerie lourde, un homme a lancé une canette de Pepsi bien froid dans la cabine du pick-up que je conduisais. « Avec les compliments de James », a-t-il dit en souriant. Je n’avais aucune idée de qui était James, mais il m’avait offert ce cadeau. Je ne bois pas de Pepsi et le sucre me rend bougonne, mais j’ai accepté le cadeau en reconnaissance de cet acte de gentillesse. Le Pepsi froid a roulé contre ma jambe sur le siège pendant deux autres allers-retours avant que je décide quoi en faire pour rendre justice à ce généreux inconnu prénommé James.
J’ai remarqué le signaleur à l’autre bout du chantier. Il était épuisé par la chaleur, mais essayait de rester de bonne humeur malgré la souffrance qui marquait sur son visage. Je savais qu’il avait mal aux pieds. Je lui ai lancé mon Pepsi en lui disant : « Avec les compliments de James! » Le sourire que j’ai reçu en retour de ma gentillesse par procuration m’a fait frissonner de joie. C’était comme si j’avais été la bienfaitrice originale.
Les gestes de courtoisie inattendue peuvent se produire n’importe où. Un jour, j’assistais au concert de chant de ma fille au Collège Eastern Arizona. Impressionnée par la performance spectaculaire devant mes yeux, j’ai versé des larmes de respect lorsque le chef d’orchestre, le Dr Lunt, a offert une rose rouge à chacun de ses musiciens, plus d’une centaine en tout. J’étais en train de sourire, mes yeux baignés de larmes, lorsqu’un de ces jeunes artistes m’a dit en souriant : « C’est pour vous! »
J’étais une inconnue dans une foule qui rassemblait des centaines de personnes, et pourtant ce jeune homme a posé un geste qui allait bien au-delà de la politesse courante, me submergeant de joie et d’amour. En le remerciant, j’ai pleuré comme une madeleine. Il n’y avait pas de mots assez forts pour lui dire à quel point son acte de gentillesse comptait pour moi. Puis, quelques instants plus tard, il s’est perdu dans la foule. Je ne connais pas son nom et, s’il me revoyait, je pense qu’il ne se souviendrait même pas de son beau geste; en revanche, moi, je m’en souviendrai toujours! Les gentillesses inhabituelles sont difficiles à oublier.
Il existe d’autres formes de courtoisie peu commune qui se produisent chaque jour.
Je me souviens qu’à chaque fois que je demandais à mon père si je pouvais utiliser sa voiture, il s’activait immédiatement. Il vérifiait l’huile et s’assurait que toutes les pièces fonctionnaient correctement. Il remplissait même le réservoir d’essence à ras bord. C’est un exemple de courtoisie hors de l’ordinaire.
Durant la pandémie de COVID-19, mon mari et moi avons pris l’avion alors que l’obligation du port du masque était la plus stricte. Nous avions quitté la maison au petit matin et ne savions pas où nous allions en arrivant à l’aéroport Sky Harbor de Phoenix. Il faisait encore nuit, le trafic était dense et nous étions en retard. Nous avons alors demandé notre chemin à un homme, qui aurait pu s’en tenir à nous donner des indications avant de poursuivre sa route. Au lieu de cela, il a souri et nous a dit : « Mon vol part plus tard, alors je vous y emmène. » Et c’est ce qu’il l’a fait!
Plus tard, nous avons réalisé que nous avions oublié nos masques dans la voiture. Nous étions en train de tâtonner avec le distributeur de masques lorsqu’une fille s’est approchée derrière nous. « Vous avez besoin de masques? J’en ai plein et je ne les utiliserai jamais tous. » Elle a souri et nous a tendu deux masques. Même à l’aéroport, la courtoisie peu commune trouve son chemin!
Au fil des ans, j’ai appris qu’il est rare que les médias publient quoi que ce soit qui ressemble à de la gentillesse courtoise. On dirait que seules les histoires négatives font la une des journaux, mais je suis heureuse de trouver sur Facebook des histoires qui mettent en valeur les gestes bienveillants de personnes qui paient l’épicerie de quelqu’un d’autre, de policiers qui changent des pneus au lieu de donner des contraventions et d’adolescents qui aident les personnes âgées. Je suis ravie de voir des gens qui créent généreusement des comptes GoFundMe pour les nécessiteux ou qui participent à la construction de maisons pour les anciens combattants. Ces gestes de grande courtoisie sont comme des pierres jetées dans un lac : les ondulations qui en résultent se prolongent sans fin!
L’exemple ultime de courtoisie extraordinaire est Jésus-Christ lui-même. Il a consacré sa vie à faire le bien. Il a ramené de son tombeau le fils unique d’une veuve. Il a guéri les aveugles, les lépreux et les estropiés. Il a nourri cinq mille personnes affamées et pleuré avec d’autres qui étaient en deuil. Il a pardonné aux pécheurs et enseigné aux humbles. Ses incomparables actes de courtoisie perdurent aujourd’hui. Il relève ceux qui ont sombré dans le désespoir et enseigne à ceux qui cherchent sa direction.
Nous n’avons pas le pouvoir d’en faire autant que lui, mais nous avons le pouvoir d’être bienveillants.
Nous pouvons rechercher ces moments où nous pouvons faire preuve d’une courtoisie peu ordinaire. On en trouve partout : dans le stationnement, sur l’autoroute, même dans sa propre cuisine! La prochaine fois que vous ramasserez un déchet que vous n’avez pas jeté par terre, sachez que vous faites preuve d’un geste de courtoisie peu commune. Si vous voyez un panier d’épicerie abandonné dans un stationnement et que vous le ramenez avec le vôtre dans l’enclos, c’est encore une manifestation de courtoisie peu commune. Si vous laissez passer un inconnu devant vous à la caisse, vous êtes coupable d’avoir commis un acte de courtoisie peu commune. Si vous faites plus que votre part sans demander de récompense, là aussi, c’est une forme de courtoisie peu commune. Même si vous avisez seulement quelqu’un à la station-service que le bouchon du réservoir est resté sur le toit de sa voiture, vous êtes coupable! Si vous souriez à quelqu’un qui passe une mauvaise journée, vous envoyez une vague de gentillesse à l’univers…
Ce qui est formidable avec les actions motivées par une grande courtoisie peu commune, c’est que de tels gestes vous font sentir spécial et vous donnent l’impression que les autres le sont aussi. Dans ces moments, vous pourriez même dire que vous êtes légèrement surhumain, que vous vous approchez des anges. Allez-y, faites-le : vous ne le regretterez pas!
Yevet Crandell Tenney est une éditorialiste chrétienne qui aime les valeurs et les traditions. Elle écrit sur la foi, la famille et la liberté.






