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Church chris
Owner / Central Dairy Solutions
Chris Church, DVM, MBA, coaches producers on production and profit via his company, Central Dairy...

Note de l’éditeur : Cet article est le deuxième d’une série résumant le projet de maîtrise de l’auteur avec l’Ontario Veterinary College et la Lang School of Business.

Comme beaucoup de Canadiens, je suis un adepte de hockey. Bien que mon équipe n’ait pas remporté la Coupe Stanley, j’étais heureux de voir Connor McDavid participer à la finale. Son parcours me rappelle celui de nombreuses fermes laitières. McDavid est le meilleur joueur de hockey du monde, mais cela ne suffit pas à garantir qu’il remportera le championnat. Il a besoin d’une équipe solide autour de lui - défense, gardiens, entraîneurs - pour gagner. Qui est sur le banc pour aider votre entreprise à augmenter ses chances de réussites?

Dans un article précédent, nous avons expliqué que vous êtes, par défaut, le directeur général (DG) de votre ferme. Même si vous êtes un éleveur hors pair, vous devez également avoir des connaissances en agronomie, en comptabilité, en ressources humaines et en économie. Bien qu’il existe de nombreux cours sur la gestion d’une entreprise agricole, de nombreux producteurs préfèrent demander d’abord de l’aide à leurs conseillers.

Dans le cadre du sondage national anonyme mentionné dans l’article précédent, nous avons posé la question suivante aux producteurs laitiers : « Si vous avez besoin d’information sur un sujet précis, où commencez-vous vos recherches? » Certains ont répondu qu’ils consultent d’autres producteurs (10,5 %) et d’autres utilisent Internet (15 %), mais la majorité des répondants (67 %) demandent de l’aide à leurs conseillers (Figure 1).

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Le paysage actuel des services de conseil

Les résultats du sondage auprès des producteurs reflètent la grande confiance qu’ils accordent aux conseillers en production, tels que les vétérinaires et les nutritionnistes, et aux conseillers financiers, tels que les comptables et les prêteurs. Les conseillers peuvent aider les producteurs à acquérir des compétences qu’ils peuvent utiliser par la suite, mais ils peuvent également les aider à identifier des détails qui leur échappent. En effet, nous pouvons tous devenir aveugles aux choses que nous voyons quotidiennement.

En tant que vétérinaire praticien, je consacrais la majeure partie de mon temps à la santé des troupeaux. Les producteurs comptaient sur moi pour veiller à ce que les vaches soient gestantes le plus rapidement possible. De nombreuses exploitations me demandaient mon avis dans d’autres domaines, mais certaines voulaient simplement un diagnostic rapide des gestations (trois d’entre elles utilisaient des chronomètres). Je voyais rarement les vaches en dehors des cornadis ou les vaches taries hébergées dans d’autres installations. Au fil du temps, je suis devenu aveugle aux éléments qui ne figuraient pas sur la liste du jour.

En 2015, j’ai rejoint une société pharmaceutique nationale en tant que conseiller technique. Dans le cadre de mon travail, je voyageais à travers le Canada pour aider les producteurs à améliorer la santé des vaches fraîches vêlées pendant la période de transition. Pour bien couvrir tous les aspects, je réunissais le vétérinaire du troupeau, le nutritionniste et le producteur. Comme j’arrivais de la pratique clinique, je croyais que les vétérinaires étaient toujours d’excellents coéquipiers. Dans mes nouvelles fonctions, j’ai appris que les conseillers en nutrition pensaient parfois différemment. Pour citer un producteur laitier de la Colombie-Britannique, « Je ne pense pas qu’ils [nos vétérinaires et nos conseillers en nutrition] s’apprécient beaucoup. »

La façon dont vos vaches passent à travers la période de transition est un parfait exemple de la façon dont les rôles de vos conseillers se chevauchent. En effet, s’il y a des problèmes de reproduction, le nombre de jours de lactation augmente et les vaches risquent de prendre du poids. La période de transition est plus difficile pour les vaches en surpoids. Cela peut entraîner une augmentation du nombre de déplacements de la caillette. La situation peut s’améliorer d’elle-même, mais le problème peut aussi être réglé plus rapidement (et possiblement évité) grâce à une meilleure action et une meilleure communication au sein de l’équipe. Et si certains des problèmes de transition étaient liés à une surpopulation du site? Si vous vouliez agrandir vos installations, qui vous aiderait à communiquer l’impact économique de la nouvelle construction à votre prêteur?

Notre groupe de recherche souhaitait en savoir plus sur la manière dont les conseillers canadiens interagissent avec les producteurs et entre eux. Nous avons mené un sondage anonyme par l’intermédiaire de diverses associations professionnelles, auquel ont participé 100 vétérinaires, nutritionnistes, comptables, prêteurs et autres conseillers agricoles. Nous avons constaté que les conseillers en production et les conseillers financiers interagissent fréquemment au sein de leur propre groupe (p. ex. vétérinaire et nutritionniste), mais qu’ils interagissent rarement avec d’autres groupes (p. ex. vétérinaire et prêteur). La Figure 2 utilise un diagramme pour résumer les interactions entre les groupes.

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Que pouvons-nous apprendre des autres pays?

Dans les années 1990, l’université d’État de Pennsylvanie et le Center for Dairy Excellence (CDE) ont introduit l’idée de groupes consultatifs formels appelés Dairy Advisory Teams (DAT – en français, équipes consultatives laitières). Ils ont fait le lien entre les homonymes anglais, « team » et « teme » (soit un groupe d’animaux de trait tirant à l’unisson), pour illustrer un groupe de conseillers se rassemblant pour atteindre un objectif commun. Les DAT favorisent la collaboration multidisciplinaire grâce à des rencontres trimestrielles en personne rassemblant les conseillers de l’exploitation.

Dans le cadre de nos recherches, l’un des conseillers en gestion du CDE m’a invité à participer à six rencontres trimestrielles en Ohio. Les exploitations participantes comptaient entre 120 et 700 vaches. Le vétérinaire, le nutritionniste, le prêteur, les gestionnaires de troupeaux et la famille assistaient à chaque réunion. Le conseiller en gestion était responsable de coordonner la mise à jour des informations financières et d’animer les réunions. L’objectif principal était d’aider les producteurs à comprendre leur situation financière et à identifier les mesures à prendre pour améliorer l’efficacité et la rentabilité. Il s’agit également d’une occasion pour les membres de la famille de se familiariser avec la manière dont la production et les finances sont liées.

Les conseillers ont indiqué que les DAT contribuent à ce que chacun maintienne le cap, ce qui favorise la réalisation des projets. Ils ont également constaté que la planification de la relève était facilitée par le fait que les membres de la famille étaient habitués à discuter de gestion et de finances. Les conseillers ont émis la mise en garde suivante : « Il faut laisser les égos à la porte et se concentrer sur le développement de l’entreprise laitièr. »

Un producteur a confié : « C’est mon vétérinaire qui m’a recommandé d’envisager ce modèle. J’étais stressé par mes rentrées d’argent irrégulières. Je ne comprenais pas mes finances et j’avais l’impression de perdre le contrôle. Le fait de travailler avec ce groupe m’a aidé à clarifier mes chiffres et je me sens maintenant plus en contrôle. Je ne serais plus en production aujourd’hui si je n’avais pas commencé à utiliser ce modèle. »

Les DAT pourraient-elles fonctionner au Canada?

Dans nos sondages canadiens, 8 % des conseillers ont déclaré participer à une forme de table ronde avec leurs producteurs et d’autres conseillers au moins une fois par an. Aux États-Unis, les DAT visent à se réunir tous les trimestres, ce qui est peut-être plus que nécessaire pour la plupart des troupeaux canadiens.

J’ai demandé à plusieurs producteurs ce qu’ils en pensaient. La plupart d’entre eux ont estimé qu’une réunion tous les quatre à six mois permettrait de maintenir les projets sur la bonne voie, sans pour autant briser l’élan. La plus grande réserve qu’ils ont exprimée concernait l’investissement financier. Tous étaient d’accord pour dire qu’il y aurait un retour sur investissement, mais qu’ils auraient besoin d’aide pour le quantifier. En ce qui concerne la question de savoir qui devrait payer pour soutenir des initiatives telles que les DAT, 74 % des producteurs interrogés dans le cadre de notre sondage étaient d’avis que l’exploitation agricole devrait être responsable (Figure 3).

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Qui fait partie de votre équipe de hockey?

Si nous comparons votre ferme à une équipe de hockey, vous en êtes le Connor McDavid. Vous êtes responsable du plus gros morceau : le travail de production. Si vous pouvez vous appuyer sur une équipe de conseillers, vous réussirez mieux en tant que directeur général. Marquer des buts, c’est bien, mais notre but ultime est de remporter la Coupe Stanley de la réussite financière à long terme.

Chris Church, D.M.V., MBA accompagne les producteurs en matière de production et de rentabilité par l’entremise de son entreprise Central Dairy Solutions.

Les références ont été omises, mais sont disponibles sur demande. Cliquez ici pour envoyer un e-mail à l’éditeur.