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Ruminant Nutrition Manager / Grand Valley Fortifiers

Pour produire un ensilage de haute qualité qui stimule la production laitière, il faut viser à préserver l’énergie, les protéines et la digestibilité, limiter les pertes et optimiser le potentiel d’ingestion. Plusieurs facteurs clés vous aideront à atteindre l’équilibre optimal. En vous assurant que vos rations contiennent des fourrages de haute qualité, vous favoriserez non seulement la production de lait, mais aussi la santé et la longévité des vaches de votre troupeau.

1. Choisissez la culture adaptée à votre entreprise et à vos conditions de culture

  • Ensilage de maïs : Valeur énergétique élevée, excellent pour la production de lait. Visez une récolte lorsque la ligne d’amidon se situe entre la moitié et les trois quarts du grain.
  • Ensilage de luzerne ou de graminées : Plus riche en protéines, bon complément. Une première coupe de haute qualité est essentielle pour une bonne année.
  • Ensilage de céréales (orge, avoine) : Peut donner de bons résultats lorsque récolté au bon moment et avec une gestion adéquate.
  • Cultures de couverture (seigle, triticale) : Tenez compte de vos conditions de culture et de la culture qui suivra pour déterminer le moment opportun pour la récolte. Ces cultures sont toutes deux dotées d’une teneur élevée en sucres lorsqu’elles sont récoltées au bon moment. Il s’agit d’excellentes options pour préserver la santé des vaches lors des variations de température typiques de nos étés canadiens.

2. Récoltez au bon moment

  • Ensilage de maïs : 32 % à 35 % de matière sèche (MS), lorsque le grain se situe entre le stade pâteux mou et la moitié de la ligne d’amidon.
  • Luzerne/graminée : Au début de la floraison, 35 % à 45 % de MS. Visuellement, lorsque les pissenlits commencent à former des graines, mais ne sont pas encore prêts à s’envoler, c’est le moment d’entrer dans les champs.
  • Humidité : Si les conditions sont trop humides, cela peut entraîner la production d’effluents et une mauvaise fermentation. Si elles sont trop sèches, le compactage sera médiocre et il y aura un risque de moisissures.
  • Rendement : La digestibilité est souvent améliorée avec un rendement plus faible, alors planifiez d’abord pour les vaches en lactation. Un rendement moindre, mais plus de lait, sera toujours plus rentable. Sinon, vous serez obligés de compléter avec des aliments achetés pour produire plus de lait.

3. Hachez à la bonne longueur

  • Une longueur de coupe théorique (LCT) de 10 mm à 19 mm est recommandée pour le maïs ensilage récolté avec des rouleaux craqueurs.
  • Une longueur de coupe régulière favorise une bonne compaction et une bonne digestibilité.
  • Dans les rations riches en fourrages, la longueur de coupe est moins importante. L’uniformité de la ration totale mélangée (RTM) est essentielle pour réduire le tri et représente le facteur clé de la plupart des problèmes nutritionnels dans les fermes laitières. Elle favorise une bonne santé du rumen, dont le bon fonctionnement est essentiel à la production de lait et de ses composantes.

4. Réalisez un bon compactage

  • L’oxygène est votre ennemi.
  • Visez 15 livres de matière sèche par pied cube (240 kg/m3) dans les silos-couloirs ou les meules.
  • Utilisez un équipement lourd et disposez l’ensilage en couches minces (15 cm maximum).
  • Il est préférable de ne mettre qu’une seule culture à la fois dans le silo.

5. Couvrez rapidement et de la bonne façon

  • Utilisez un film avec barrière d’oxygène ainsi qu’un film de plastique et fixez-les à l’aide de pneus ou de sacs de gravier.
  • Scellez l’ensilage dans les 12 heures suivant la récolte afin d’éviter toute détérioration aérobie.

6. Utilisez un inoculant qui a fait ses preuves

  • Optez pour Lactobacillus plantarum ou Lentilactobacillus buchneri (pour l’ensilage de maïs) afin d’optimiser la fermentation et la conservation.
  • Les inoculants peuvent stimuler la production d’acide lactique et réduire le pH plus rapidement.
  • Souvent, ce n’est qu’une fois la fermentation terminée que nous réalisons que nous avions besoin d’un inoculant. Il s’agit d’un bon investissement pour améliorer la qualité du fourrage.

7. Laissez l’ensilage fermenter

  • Attendez trois à six semaines avant de servir l’ensilage aux animaux.
  • Le pH de l’ensilage doit être inférieur à 4,2 pour l’herbe/la luzerne et à environ 3,8 pour l’ensilage de maïs.
  • Faites analyser votre ensilage. Les laboratoires ont fait beaucoup de progrès. Faites analyser le fourrage afin de savoir avec quoi vous travaillez.

8. Assurez une reprise adéquate

  • Retirez l’ensilage uniformément sur toute la surface (15 à 30 cm par jour en été).
  • Maintenez la face du tas lisse afin de limiter l’infiltration d’oxygène.
  • Évitez de trop remplir le mélangeur RTM. Nettoyez les silos quotidiennement pour éviter qu’ils ne chauffent.

Lorsque les nutritionnistes formulent une ration, ils savent que les fourrages sont de qualité lorsque l’équilibre d’au moins 65 % de fourrages est facile à atteindre. Les difficultés surgissent lorsque la ration est composée de fourrages moins digestibles, car les vaches sont alors rassasiées trop rapidement. Un rumen bien rempli est excellent pour le confort des vaches, mais peut poser une limite à la production de lait. Si les vaches sont trop pleines pour continuer à manger, il faut opter pour d’autres intrants, tels que le maïs et/ou des protéines, pour fournir de l’énergie. En été, un rumen plein entraînera un réchauffement supplémentaire, ce qui contribuera au stress dû à la chaleur. Les fourrages hautement digestibles traversent le rumen plus rapidement. Cela dit, si la digestibilité est trop rapide, les vaches vont commencer à repeindre les murs : on observe souvent cela avec les ensilages de quatrième coupe.

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D’autres défis sont liés à une mauvaise fermentation, qui crée un déséquilibre des acides. Cela peut affecter le pH du rumen (le pH du rumen est un facteur clé pour maintenir une population bactérienne saine dans le rumen) et entraîne également la formation d’ammoniac libre (décomposition trop rapide des protéines dans le fourrage). L’ammoniac agit comme l’urée dans le rumen, ce qui peut entraîner une augmentation du taux d’azote uréique du lait (urée) ou causer des diarrhées. Ces deux signes indiquent que la ration doit être rééquilibrée, et c’est là que le fait d’avoir de la paille ou du foin sec à la ferme peut toujours être utile. Ils permettent de compenser ces déséquilibres lorsque la récolte, l’entreposage et l’alimentation ne se déroulent pas exactement comme nous l’avions espéré.

Donc, si nous pouvons obtenir de l’amidon, des sucres et des protéines hautement digestibles à partir des fourrages, nous réduisons le besoin d’acheter des aliments pour apporter ces nutriments. De plus, des rumens sains contribuent à la bonne santé des vaches et à l’augmentation de la production de lait et de composantes.

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Kathleen Shore est la directrice de Nutrition des Ruminants, Grand Valley Fortifiers.


Points à retenir

  • Une teneur élevée en amidon et une bonne digestibilité des fibres assurent une production laitière optimale.
  • Une mauvaise fermentation entraîne une diminution de l’appétence et un gaspillage d’énergie.
  • La luzerne récoltée jeune peut contribuer à une production élevée si elle est associée à un aliment riche en énergie.
  • Dans le cadre d’une bonne rotation, les cultures de couverture constituent un aliment digestible, riche en sucres qui favorise la consommation et la production de lait et qui est idéal pour continuer à servir des rations riches en fourrages pendant l’été.