Peut-être avez-vous vu les capsules de Sam Vigneault sur les réseaux sociaux, notamment celles sur les « Myttes et Réaliters » de l’agriculture ou encore sa parodie L’amour est dans l’clos. Son numéro «  TDAH » a été nominé comme Numéro d’humour de l’année au Gala des Olivier l’an dernier et il s’est révélé grand gagnant du Concours scène ouverte du ComédiHA! Fest 2024.

Editor / Progressive Dairy en français
Karine Vézina is a passionate agrimarketing professional with deep respect for dairy producers. S...

Cela dit, ce qu’on retient surtout de cette rencontre, c’est l’humain au grand cœur qui, accompagné de son accordéon, nous rappelle l’importance de prendre soin de notre propre « petite ferme intérieure », peu importe la passion celle-ci représente.

Q : Sam, tu as grandi sur une ferme. Peux-tu nous parler un peu de tes racines?

SAM : J’ai grandi sur une ferme biologique, la ferme Biolait, démarrée par mon grand-père dans les années 1970. Il avait commencé petit : huit vaches, un taureau, des poules. C’était pratiquement de l’autosuffisance pour une famille de six enfants. Mais c’était sa vision. Il croyait profondément à ce qu’il faisait. Ça a grandi depuis!

Q : As-tu songé à reprendre à la ferme?

SAM :  Pour moi, tout part de la passion. Je suis un amoureux des animaux et la nature. J’habite à 400 mètres de la ferme et j’y vais presque tous les jours avec ma chienne Nora.

Mon frère Jonathan a repris la ferme avec les animaux : il a la passion d’en vivre. Mes frères Steve et Marc-Antoine ont aussi repris la portion acéricole de l’entreprise. Je trouve ça beau de les voir continuer.

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Ma sœur Corinne travaille en service de garde. Moi, ma passion, c’est de raconter.

Q : Y a-t-il des similitudes entre ton métier et l’agriculture?

SAM :  Oui, vraiment. À mes débuts, je commençais moi aussi en quelque sorte avec huit vaches et un taureau, comme mon grand-père.

Ce n’est pas toujours facile mais je sais que mon grand-père, et peut-être mon père aussi, ont eu leurs moments moins faciles. Dans leur génération, tu ne disais rien, même si c’était une moins bonne journée à la ferme. 

Moi, ma ferme, c’est la scène. J’y suis heureux. Chacun a sa passion, sa petite ferme à entretenir et à faire grandir, avec les défis et beaux moments que ça comporte.

Q : Pourquoi parles-tu d’agriculture dans ton humour?

SAM :  J’en parle dans mon spectacle et je voudrais en parler encore plus.

L’été dernier, mon père m’a accompagné pour un numéro d'humour. Mon père, agriculteur, 67 ans! Et avec tout ce que ça implique : les caméras, les répétitions, le Grand Théâtre de Québec, le studio, la rencontre d’autres humoristes, toute une équipe incroyable de Juste pour rire et de Radio-Canada pour nous guider.

Mon père n’en revenait pas de voir combien de personnes étaient impliquées en amont pour créer 50 minutes de télévision!

En discutant en arrière-scène, une personnalité du milieu lui a rappelé que : « vous, votre métier monsieur Vigneault, c'est un peu ça : à chaque fois que les gens prennent une pinte de lait à l'épicerie, ils n’ont aucune idée de tout le travail qui se cache derrière. Tu mets du lait dans tes céréales pendant une seconde et demie le matin et tu passes à autre chose ».  

Les agriculteurs méritent d’être mis de l’avant. 

Q : J’ai bien ri à tes capsules de « Mytthes et réaliters » sur l’agriculture sur Facebook! Quels seraient un mythe et une réalité sur le monde du spectacle?

SAM :  Le mythe, c’est que tout le monde est riche. La réalité, c’est que c’est énormément de travail. Personne n’arrive là par hasard. Ça prend de la passion et du travail, pas uniquement de la chance ou du talent.

Q : Parlant de talent, on te reconnaît aussi par ton accordéon!

SAM :  Certains artistes ont un style d'humour très marqué : Martin Matte, Mike Ward, Yvon Deschamps… L’accordéon, c’est ce qui me rend unique, comme mon grand-père qui était unique avec le bio. Même si certains ont parfois questionné ses choix, cette unicité lui a servi.

Q : On sent beaucoup d’amour et de fierté quand tu parles de ton grand-père …

SAM : Dans les années 1970, le biologique, c’était peu populaire. Certains disaient : « Il va prendre le chemin. » Lui racontait ça plus tard avec fierté en disant : « Je prends le chemin, mais avec un char neuf! »

Il nous a transmis plusieurs valeurs et fiertés ainsi. Ça, ça vient de la ferme et de l'agriculture.

Q : Que dirais-tu à un jeune qui a un rêve qui lui semble inatteignable?

SAM :  Tu peux en parler toute ta vie, mais il faut travailler vers ton objectif. Sinon, ça reste juste des mots. À un moment donné, il faut arrêter de parler et passer à l’action. Même – et surtout – quand c’est moins facile.

J’ai appris que mon grand-père était décédé la journée où on enregistrait une émission, Le Grand Bien-Cuit de Patrice L'Écuyer. Ça a été une journée avec plein d’émotions.

Je te raconte mon métier, mais mon père aussi fait le train, tous les matins. Moi tout comme mon père, on ne peut et ne veut pas appeler pour dire qu’on ne rentre pas travailler. Mon père a donné sa parole à ses 250 vaches, ses taureaux et ses veaux qu’il y aurait quelqu'un qui serait là, tous les jours, pour en prendre soin.

Et de toute façon, notre métier, c’est notre passion …

Sam Vigneault est présentement en tournée de rodage, avec des dates jusqu’à l’automne. Fous rires garantis. Détails : www.samvigneault.com.