La question peut sembler provocante, mais si vous lisez cette publication, c’est probablement parce que vous cherchez à vous améliorer constamment. Parce qu’au-delà de la routine, vous êtes de ceux qui veulent comprendre, ajuster, optimiser. Vous participez aux conférences. Vous vous entourez de bons professionnels. Vous testez de nouvelles pratiques en régie avec les veaux naissants. Vous investissez dans le confort et la ventilation. Vous adoptez des innovations en alimentation. Vous scrutez de près les nouveautés en génétique. Alouette!
Mais il faut le dire franchement: malgré tout ça, parfois ça paye sur l’indicateur… et parfois pas. Et ça, ça peut sembler décourageant, mais ce n’est pas ingrat.
Ceux qui me connaissent de près savent que je suis une adepte de course à pied, surtout depuis l’arrivée dans ma vie d’un berger australien hyperactif. J’ai couru des centaines de kilomètres l’an dernier… pour constater des temps plus lents qu’il y a quelques années. L’impression de faire tout ce qu’il faut, sans voir les progrès escomptés. Comme en production laitière, on peut avoir le sentiment que la courbe des efforts ne suit pas toujours celle des résultats.
Le mois dernier se terminaient les Jeux olympiques de Milan-Cortina. Sur près de 3 500 athlètes, 137 ont remporté une médaille d’or : 98 % d’entre eux ne sont pas montés sur la plus haute marche. Pourtant, chacun a livré le meilleur de lui-même. Chacun a inspiré quelqu’un. Chacun a avancé.
Ceci me rappelle que l’indicateur de performance n’est peut-être pas toujours celui que l’on croit. Ni la véritable mesure du « pourquoi » derrière ce que nous faisons. Avec la course, j’ai entretenu ma santé, dans le plaisir. Les athlètes olympiques ont, eux aussi, accompli bien davantage que le simple verdict d’un podium.
Comme producteur laitier, même si tous les kilos et tous les dollars n’étaient pas au rendez-vous cette année, vous avez peut-être gagné là où ça compte réellement. Une meilleure efficacité qui vous permet de prendre vos repas en famille. Une étable où il est agréable de travailler avec des animaux confortables. Une relève potentielle qui est inspirée par ses parents travaillant chaque jour dans ce qu’ils aiment. Rien de ça ne se voit dans un tableau Excel et pourtant ce sont des accomplissements majeurs.
Le métier de producteur de lait n’est pas ingrat. Il est exigeant et demande une ténacité silencieuse, jour après jour, pour vous améliorer. Et le progrès se mesure autant en chiffres qu’en sourires.
Continuez d’apprendre. Continuez d’essayer. Continuez de vous entourer. Le progrès, c’est un marathon de toute façon!
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