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L’entreprise Beyond Meat, qui fabrique des substituts de viande à partir de plantes, a besoin d’un sérieux coup de pouce. En quelques années, le cours de son action sur le NASDAQ est passé de 181 $ à moins de 2 $ en même temps qu’elle subit des pertes financières vertigineuses.
L’entreprise a été fondée en 2009 par un certain Ethan Brown, qui souhaitait créer une alternative plus saine à la viande. Il a rapidement bénéficié du soutien de nombreux investisseurs, notamment Bill Gates. Beyond Meat s’inscrivait dans la volonté de Gates de réduire l’élevage, voire de l’éliminer, car il considérait les vaches comme responsables d’une grande partie des émissions de méthane et du changement climatique. Dès ses débuts, le succès de l’entreprise ne s’est pas fait attendre grâce à des partenariats avec de nombreuses marques nationales. Ses produits sont toujours disponibles dans la plupart des supermarchés de même que chez Burger King.
En tant que producteurs agricoles, il est essentiel d’être à l’écoute des consommateurs et de proposer des produits qui répondent à leurs attentes. C’est pourquoi nous avons tous été interpellés par cette situation. Le secteur de l’élevage a connu une certaine consternation, car nous avons servi de bouc émissaire pour mousser les ventes d’aliments préemballés à base de protéines de pois et de soja. Il est ironique de constater qu’une seule et même bouillie informe est transformée en toutes sortes de produits et vendue sous les apparences de croquettes de poulet, de bœuf séché, de boulettes de hamburgers et de steaks.
La grande avancée s’est produite lorsque Beyond Meat a trouvé le moyen de rendre ses boulettes de hamburgers plus réalistes lors de la cuisson en les faisant « saigner » grâce à l’ajout de jus de betterave.
Les consommateurs reviennent maintenant à leurs habitudes et, dans de nombreux cas, on observe un regain d’intérêt pour la viande naturelle, celle que nous consommons depuis des millénaires! On reconnaît désormais que les produits Beyond Meat sont des aliments hautement transformés qui, paradoxalement, proviennent d’installations qui ont toutes les caractéristiques de l’agriculture industrielle. Par ailleurs, on constate en Amérique du Nord un regain d’intérêt pour les protéines dans l’alimentation, ce qui a largement profité à l’élevage et à la production laitière. La consommation de lait enrichi en protéines, de yogourt grec et même de fromage cottage – utilisé en cuisine comme substitut aux glucides – est en augmentation.
Loin de moi l’idée de critiquer les choix alimentaires de qui que ce soit, car chaque individu a des besoins et des préoccupations de santé qui lui sont propres. Mais, sur les conseils d’un ami, j’ai goûté le burger Beyond Meat, après quoi j’ai immédiatement fait une crise cardiaque et me suis retrouvé avec une envie irrésistible de me teindre les cheveux en violet et de me faire percer le nez! Aussi, je n’éprouve aucun malaise à manger un deuxième hamburger – un vrai de vrai – juste pour contrarier les personnes qui pensent faire un geste écologique en mangeant un faux burger.
Je ne cesse d’être fasciné de voir comment les idées circulent dans la société et comment ce qui était d’abord marginal est devenu courant avant de redevenir marginal. Des milliards de dollars sont investis dans la recherche pour tenter de gagner des parts de marché dans les rayons des produits laitiers et des viandes. L’autre menace qui nous guette est la viande de culture, qui consiste à prélever des cellules animales – comme des cellules souches musculaires – et à les cultiver en laboratoire. Du point de vue de l’ADN, ce produit est identique à la viande de bœuf haché et de steak. Une méthode similaire est également envisagée pour recréer le lait de vache. La vraie question que tout le monde se pose est : « Jusqu’à quel point ce produit se rapprochera-t-il du véritable lait, tant au niveau de l’apparence que du goût et de la texture? » Pour l’instant, aucune avancée majeure n’a encore été réalisée et nous espérons tous que cela demeure ainsi.
L’industrie laitière a déjà connu sa part de défis par le passé. Les ventes de margarine ont dépassé celles du beurre dans les années 1960, explosant alors en popularité, avant d’atteindre un sommet dans les années 1980 puis d’amorcer un lent déclin, jusqu’à ce que les ventes de beurre reprennent le dessus.
La bonne nouvelle, c’est que nous produisons des aliments consommés depuis des millénaires et que ceux-ci seront toujours plus frais et naturels que toute nourriture fabriquée en laboratoire ou en usine. Quant à Beyond Meat, elle a opéré un virage stratégique et a déclaré, dans le cadre de la refonte de son image, ne plus vouloir être perçue comme une entreprise de viande, mais comme une entreprise qui valorise les protéines végétales.
Quoi qu’il en soit, chers amis lecteurs, continuez votre bon travail et, surtout, ne laissez pas vos amis manger de la margarine ni de la fausse viande!





