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Weber lucas
Technical Agriculture Specialist / Ag Business & Crop Inc.

L’application d’intrants par drone représente une avancée très prometteuse pour l’industrie des drones. Comme pour l’achat de n’importe quel équipement, la première étape est d’évaluer son potentiel de rentabilité en identifiant les coûts fixes et variables. Vous pourrez ainsi déterminer le rendement de l’investissement, et si ce type d’équipement convient à votre entreprise.

Coût initial

Pour réaliser une pulvérisation agricole par drone, il faut deux éléments principaux. Le premier est le drone lui-même, et le second est la remorque ou le système de recharge qui permet de transporter le drone et le produit. Le coût des ensembles proposés par les principaux fabricants de drones semble actuellement se situer entre 40 000 $ et 45 000 $. Les ensembles de base comprennent généralement un drone, un réservoir de pulvérisation/épandage, trois à quatre batteries, un contrôleur et des chargeurs. L’ajout d’équipements additionnels, tels qu’un générateur, un ensemble à 4 buses, des batteries supplémentaires ou une station de base RTK (cinématique en temps réel), vient augmenter le coût. 

Le coût du deuxième élément, composé par la remorque, peut varier considérablement. En effet, vous pouvez opter autant pour une vieille remorque à plateau avec quelques réservoirs réutilisés que pour une remorque de 100 000 $, équipée d’un système de mélange automatisé et de réservoirs d’eau à grande capacité permettant de faire voler trois drones. Il est difficile de fixer un prix pour cette composante du système puisque chaque agriculteur semble utiliser une option différente, ajustée à ses besoins. Si vous recherchez une remorque entièrement équipée avec des réservoirs, un système de remplissage semi-automatique et un compartiment de rangement fermé pour le drone, il vous faudra investir entre 35 000 $ et 45 000 $.

Dernières étapes avant le vol

Après avoir organisé le drone et le système de recharge, il reste quelques éléments et formalités à régler : main-d’œuvre, formation, exigences légales en vigueur et entretien à long terme. Tous ces éléments sont interreliés. Les systèmes d’aéronefs télépilotés (SATP) ou drones sont des aéronefs. Cela signifie qu’à compter de juin 2025, l’exploitant devra être titulaire d’un certificat de pilote de drone et d’un certificat d’opérations aériennes spécialisées (COAS) valide délivré par Transports Canada.

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Pour obtenir votre certificat de pilote de drone pour les opérations avancées (nécessaire pour les drones de plus de 25 kg), vous devez passer par deux étapes. D’abord, la réussite de l’examen en ligne, qui coûte 10 $ et peut être réalisé par tous sans cours préalable. (Il est toutefois recommandé de suivre un cours en ligne « à votre rythme » pour environ 250 $ à 450 $ afin d’acquérir de bonnes connaissances de base.) Ensuite, la réussite d’un examen pratique en vol, qui coûte entre 250 $ et 350 $ (en général), et qui évalue votre comportement afin de s’assurer que vous volez en toute sécurité dans votre espace aérien.

Une fois ces deux étapes franchies, vous obtenez votre certificat et vous êtes à mi-chemin de pouvoir voler légalement. L’autre élément à respecter scrupuleusement est l’obtention de votre COAS. Vous pouvez engager quelqu’un pour rédiger votre demande, ce qui peut coûter entre 2 500 $ et 5 000 $, voire plus, selon le niveau de détail requis. (Remarque : si vous engagez quelqu’un, vous devez tout de même connaître le contenu de la demande et les limites légales dans lesquelles vous exploitez votre aéronef.)

Enfin, il est fortement conseillé de suivre une formation adéquate pour piloter votre drone agricole. Vous pourrez ainsi acquérir de bonnes compétences en matière de pilotage et, surtout, de pulvérisation. Faire voler un drone est la partie la plus facile. L’application de produits demande un peu de pratique. C’est un peu plus complexe que de simplement déballer votre appareil, le faire voler et se croiser les doigts pour obtenir de bons résultats, d’autant plus que les intrants sont coûteux. De nouvelles réglementations ont également été publiées sur le site web de Transports Canada et entreront en vigueur le 4 novembre 2025.

Coûts à long terme

Les drones sont comme n’importe quel autre équipement : les coûts d’entretien et autres sont inévitables. Les pièces qui s’usent le plus rapidement sont les pièces mobiles et les batteries. Donc, plus il y a de pièces sur un drone, plus il y a de risques que quelque chose ne fonctionne pas correctement. Les pales commencent à s’user à cause de la poussière, des débris ou des conditions de vol. Les roulements du moteur, les pompes et les balances peuvent être endommagés en cas de surcharge.

Les opérations d’entretien importantes peuvent toujours être limitées grâce à de simples habitudes quotidiennes, comme nettoyer votre drone à l’aide d’une laveuse à pression (légèrement) et être attentif aux conditions de vol afin de réduire la pression exercée sur les pièces mobiles. De plus, les batteries ne peuvent être chargées et déchargées (1 cycle) qu’un certain nombre de fois (généralement entre 1 000 et 1 500 cycles). En ce qui concerne l’entretien des batteries, il est essentiel de prendre certaines précautions, comme l’utilisation de chargeurs à refroidissement. Si vous prenez soin de vos batteries, leur durée de vie sera prolongée. Pensez à la batterie de votre téléphone : même si sa santé décline progressivement, votre téléphone reste utilisable. Il ne reste tout simplement pas chargé aussi longtemps. Le chargement des batteries dans un système de refroidissement favorise un transfert thermique plus efficace et évite la surchauffe des batteries et l’endommagement des cellules.

Enfin, soyez conscient de ce que vous appliquez. Les produits acides ou corrosifs peuvent causer une usure importante des joints, des roulements et bien plus encore s’ils ne sont pas nettoyés ou manipulés correctement. Un autre petit détail à prendre en compte est la taille du réservoir. Un réservoir plus grand signifie moins de remplissages, moins de temps de transport et plus d’hectares traités par heure. Cela signifie également moins de temps passé à faire des allers-retours, ce qui réduit l’usure inutile de votre drone, tout en conservant un nombre d’heures d’utilisation plus faible et une productivité plus élevée de votre équipement.

Rendement de l’investissement : acheter ou louer?

Un drone de pulvérisation agricole est une technologie intéressante à avoir dans votre boîte à outils. Il s’agit d’une option relativement économique qui peut être utilisée lorsque les conditions empêchent le pulvérisateur conventionnel d’aller au champ. Un autre avantage réside dans les stations de base dotées d’un système RTK intégré, qui offrent une grande précision sans abonnement mensuel. Lors de l’achat, soyez conscient du type de drone que vous achetez afin de pouvoir profiter d’une assistance en cas de besoin.

D’autre part, le recours à des services d’application par drones apporte également une valeur ajoutée considérable. Ils vous permettent de compléter vos pulvérisations à des moments cruciaux, sans avoir à supporter les frais généraux d’un drone que vous n’utiliserez peut-être pas et qui ne sera pas rentable. Il est essentiel de pouvoir compter sur un opérateur expérimenté et sachant appliquer des produits agricoles afin de garantir une efficacité optimale, en particulier avec le prix actuel des intrants. Si vous envisagez l’achat d’un drone, faire appel à un opérateur à forfait qui en utilise peut être un bon moyen d’en savoir plus sur cette technologie. L’utilisation de drones permet d’ajouter des variables supplémentaires lors de l’application, ce qui peut conduire à des résultats exceptionnels si le pilote sait comment les contrôler.

Au final, la décision d’acheter un drone dépend surtout de ce qui convient le mieux à votre situation et à votre entreprise. Les drones ne sont pas la solution miracle, mais ils ont leur utilité propre à côté des pulvérisateurs conventionnels. Ils peuvent accomplir beaucoup de choses, mais vous devez investir dans la recherche et la formation pour obtenir des résultats. Que vous fassiez l’application vous-même ou à forfait, il s’agit d’une technologie incroyable qui, lorsqu’elle est utilisée correctement, a fait ses preuves à maintes reprises. La possibilité de rentabiliser cet investissement dépend de vos besoins et de l’utilisation que vous en faites.

Lucas Weber est un spécialiste technique en agriculture pour Ag Business & Crop Inc.

Avertissement : Les chiffres présentés dans cet article sont tous approximatifs. Veuillez faire vos propres recherches afin de déterminer les coûts réels. De plus, l’application de pesticides par drones sur les cultures n’est actuellement pas autorisée par l’ARLA.Veuillez communiquer avec l’auteur de cet article si vous souhaitez obtenir plus d’informations.