Une alimentation efficace ne se limite pas à retirer le plastique, les pneus et à décharger le silo : il s’agit de préserver la qualité et d’optimiser le retour sur l’investissement. Sans une gestion adéquate, l’ensilage peut rapidement se détériorer, entraînant un gaspillage inutile, une réduction de l’efficacité alimentaire et des risques de troubles digestifs pour votre troupeau.

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Forage Products Specialist / Lallemand Animal Nutrition
Renato Schmidt received his Ph.D. in animal nutrition from the University of Delaware and is empl...

Maintenir la qualité ne consiste pas seulement à prévenir la détérioration, mais aussi à garantir l’appétence. Tout comme les humains, les bovins n’aiment pas manger des aliments dont le goût ou l’odeur ne sont pas agréables. Un fourrage de mauvaise qualité au moment de l’introduction dans la ration entraînera une diminution de la valeur nutritionnelle, une réduction de l’ingestion et de mauvaises performances. C’est pourquoi des pratiques de gestion hygiénique de l’ensilage, y compris lors de la distribution, sont essentielles.

Une approche d’alimentation propre commence par des inoculants fourragers issus de la recherche, pour protéger l’ensilage des microbes nuisibles. Elle comprend également des solutions qui peuvent favoriser la digestion des fibres et, à terme, l’efficacité alimentaire. Cependant, même les meilleures solutions microbiennes ne peuvent compenser de mauvaises pratiques de gestion de l’ensilage. En respectant les protocoles d’hygiène, les producteurs peuvent réduire ou prévenir la détérioration, maintenir la qualité initiale de l’aliment et améliorer les performances du troupeau.

Pratiques d’hygiène pour l’alimentation de l’ensilage

1. Contrôler le ruissèlement autour des amas d’ensilage

L’eau est l’un des principaux ennemis de l’ensilage. Un ruissellement incontrôlé peut introduire de l’humidité et une contamination indésirable, entraînant une détérioration et une perte de nutriments. Veillez à ce que l’eau de surface soit dirigée loin des amas en nivelant la zone autour des silos et en utilisant des solutions de drainage telles que des fossés ou des tranchées de gravier. Maintenir la zone de distribution sèche contribue à préserver l’intégrité de l’ensilage et réduit le risque de contamination bactérienne dangereuse.

2. Utiliser une bonne technique de gestion pour la face de l’ensilage lors de la reprise et lors de chutes d’ensilage

La façon dont vous retirez l’ensilage de la face de l’amas a un impact significatif sur sa stabilité. La reprise doit être effectuée en couches régulières à l’aide d’un râteau ou d’une fraise plutôt que d’une chargeuse à godet, qui peut créer des fissures profondes favorisant la pénétration de l’air et accélérant la détérioration. La reprise doit se faire sur toute la surface du silo et évitez de couper les faces en blocs (Figure 1). Retirez l’ensilage uniquement pour un usage quotidien. L’exposition de l’ensilage à l’oxygène augmente le risque d’échauffement et de dégradation des nutriments, ce qui, à terme, nuit à l’alimentation et aux performances des animaux.

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3. Maintenir un taux de reprise correct

Un taux de reprise approprié est essentiel pour minimiser la détérioration aérobie. Les taux d’élimination recommandés varient selon la saison :

  • Été : 10 à 12 pouces par jour
  • Hiver : Au moins 6 pouces par jour

Par temps chaud, l’activité microbienne augmente, rendant l’ensilage plus vulnérable à la détérioration. Une progression rapide dans le silo garantit un fourrage plus frais et à meilleure valeur nutritionnelle; une conception judicieuse de l’amas permettra un taux de reprise adéquat. Si la reprise est trop lente, l’ensilage exposé à l’air permettra aux organismes nuisibles de s’installer. Il chauffera, entraînant une perte de matière sèche et de nutriments, ainsi qu’une appétence réduite.

4. Éviter d’alimenter de l’ensilage avarié

L’ensilage de la couche supérieure et des côtés de l’amas est plus difficile à tasser pour en exclure tout l’air, et est donc plus susceptible de se détériorer. Nourrir le bétail avec cette matière compromise peut réduire la consommation et la production laitière, tout en augmentant le risque de problèmes de santé tels que l’acidose et l’exposition aux mycotoxines. Des recherches montrent que les animaux consommant des aliments contaminés par de fortes populations de levures d’altération présentent souvent une digestibilité réduite des fibres (NDF-D). Les premières études ont montré que l’incorporation de seulement 5 % d’ensilage avarié dans une ration diminuait la NDF-D de 7,2 points. Dix ans plus tard, les recherches du Dr Limin Kung ont révélé que des niveaux élevés de levures d’altération (Candida valida) entraînaient une diminution de 10 points de la NDF-D, soit une réduction de près de 23 % par rapport aux échantillons de RTM témoins. Une réduction d’un point de la NDF-D peut équivaloir à une perte de 0,2 à 0,25 kilogrammes de lait corrigé en matières grasses (LCMG) par vache et par jour.

5. Dédier les godets chargeurs aux fourrages et aux aliments pour animaux

La contamination croisée est un autre point de contrôle potentiel pour l’hygiène de l’ensilage. Les godets de chargement utilisés pour le fumier, la litière ou d’autres matières non alimentaires ne doivent pas être utilisés pour la manutention de l’ensilage. Les godets dédiés aux fourrages et aux aliments pour animaux préviennent la contamination par des micro-organismes nocifs ou des matières étrangères, garantissant ainsi une source d’alimentation plus sûre et plus propre.

Le coût d’une mauvaise hygiène : le retour sur l’investissement de la qualité de l’ensilage

L’ensilage avarié n’est pas seulement un problème de qualité alimentaire, il a de réelles implications financières. L’ensilage excessivement avarié a une faible digestibilité des fibres, ce qui signifie que les vaches extraient moins de nutriments de l’alimentation; de plus, elles consomment une population élevée de microbes indésirables tels que les levures d’altération et les composés nocifs qu’elles produisent, ce qui entraîne de mauvaises performances et des risques pour la santé (Tableau 1). Le même groupe a montré que l’incubation d’une RTM enrichie avec log 6,4 de levure C. krusei par millilitre de liquide ruminal réduisait la NDF-D sur 12 heures de 3,2 points (7,2 %) par rapport au « témoin négatif » – qui contenait encore log 2,5 de levure par millilitre. La mise en œuvre de bonnes pratiques d’hygiène vous permet de maximiser votre investissement dans un ensilage de haute qualité.


Sécurité de l’ensilage : un dernier rappel

Au-delà de la qualité de l’alimentation, la sécurité de l’ensilage est primordiale. Les gros amas et les silos-couloirs présentent des risques d’effondrement, potentiellement mortels pour les travailleurs. Respectez toujours les protocoles de sécurité :

  • Sauf nécessité, tenir les personnes et l’équipement éloignés de la face d’ensilage.
  • Ne jamais couper la face d’ensilage plus vite à la base qu’à la partie supérieure.
  • Utiliser des techniques de reprise appropriées pour éviter toute instabilité.
  • Être conscient des risques d’exposition aux gaz d’ensilage, en particulier peu après le scellement.

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