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Groen matt
Dairy Technical Services Specialist / Cargill Animal Nutrition

Au cours des dernières années, les producteurs laitiers canadiens ont été confrontés à un contexte économique en rapide évolution. Le coût des aliments pour animaux, qui n'a jamais été aussi élevé, est l'un des facteurs déterminants de la rentabilité. Les aliments pour animaux sont la dépense d'exploitation la plus importante dans la plupart des fermes, représentant souvent 45 % à 50 % ou plus du coût total de production lorsque l'on tient compte de tous les groupes présents à la ferme.

Ces dernières années, l'accent a été mis sur l'optimisation du nombre de génisses dans les fermes laitières pour améliorer la rentabilité. Cette tendance résulte d'une mesure de contrôle des coûts liés à l'alimentation des génisses et de l'augmentation du potentiel de revenus générés par la production d'animaux croisés pour la viande. Pour les fermes ayant ajusté leur cheptel de génisses à des niveaux optimaux (65 % à 80 % du troupeau adulte selon les objectifs), il est désormais essentiel de se concentrer sur l'évaluation et la gestion des coûts d'alimentation des vaches en lactation pour maintenir une ferme économiquement viable.

Si vous demandez à différents éleveurs comment ils évaluent le coût de la ration de leurs vaches en lactation, vous obtiendrez plus de réponses qu'il n'y a d'heures dans la journée d'un producteur laitier. Certains des indicateurs de performance couramment calculés par les agriculteurs de différentes régions sont résumés dans le tableau 1


Tableau 1 : Indicateurs de performance courants pour évaluer le coût d'alimentation des vaches en lactation

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Bien que tous ces indicateurs de performance aient leur place dans l'évaluation du coût des aliments pour animaux, n'en surveiller que quelques-uns ou un seul pourrait ne pas suffire à tirer pleinement parti des opportunités d'optimisation du coût de l'alimentation. Souvent, les indicateurs de performance liés aux coûts des aliments achetés sont ceux qui pèsent le plus lourd dans les décisions relatives aux rations. Bien que la gestion de ces coûts soit extrêmement importante, en particulier pour les flux de trésorerie, ne tenir compte que de ceux-ci pourrait faire passer à côté d'un meilleur potentiel de rentabilité globale de la ferme. Comprendre quel est le coût total des aliments de la ration, y compris les aliments achetés, les céréales et les fourrages produits à la ferme, est le meilleur moyen d'optimiser les coûts.

La question de savoir si les céréales ou les fourrages produits à la ferme doivent être comptabilisés au coût de production ou au coût d'opportunité fait l'objet de nombreux débats. Cela dépend en fait de plusieurs facteurs, dont certains sont énumérés ci-dessous :

  1. Le coût réel de production des ingrédients cultivés à la ferme peut-il être calculé avec précision?
  2. Quelle est la différence entre le coût de production d'un ingrédient cultivé à la ferme et le coût d'opportunité lié à sa vente en tant que culture commerciale?
  3. Les terres utilisées pour produire un ingrédient de la ration peuvent-elles être utilisées pour produire une culture commerciale à plus forte valeur ajoutée?
  4. Le profit généré par une culture commerciale sur une superficie donnée est-il supérieur à celui de la production d'aliments pour les vaches sur cette même superficie?

En fin de compte, la manière d'évaluer la valeur des ingrédients produits à la ferme doit être soigneusement examinée sous différents angles afin de déterminer la meilleure méthode pour une exploitation donnée. Pour de nombreuses fermes, maximiser le fourrage et réduire les ingrédients alimentaires achetés peut être une bonne option. Pour d'autres, dont les rendements en fourrage ou en céréales sont plus faibles et les coûts de production agricole plus élevés, certains ingrédients achetés peuvent être préférables aux options de fourrage à la ferme pour optimiser les coûts de la ration. Tant que les coûts réels de production ou les coûts d'opportunité des ingrédients produits à la ferme n'auront pas été calculés, il sera impossible de répondre à ces questions.

Prenons l'exemple du scénario présenté dans le tableau 2 pour évaluer les coûts des rations. Pour cet exercice, les ingrédients produits à la ferme (ensilage de maïs, ensilage de foin et maïs-grain) ont été évalués sur la base du coût d'opportunité. Le scénario suppose un troupeau de 150 vaches laitières produisant 38,5 litres (L) de lait à 4,3 % de matière grasse (MG). Trois rations ont été formulées pour des niveaux de production similaires et selon les besoins nutritionnels types :

  1. Une ration composée de foin et d'ensilage de maïs dans des proportions d'environ 50-50 sur la base de la matière sèche (50-50)
  2. Une ration qui minimise le coût des aliments achetés (coût d'achat le plus bas)
  3. Une ration qui minimise le coût total d'alimentation (coût total le plus bas)

Tableau 2 : Comparaison des coûts des rations alimentaires

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En évaluant les trois options, on constate les différences de taux d'incorporation des ingrédients dans les rations et leurs conséquences sur le coût. La ration avec le coût d'achat le plus bas minimise les achats de protéines en maximisant l'incorporation d'ensilage dans l'alimentation. Cependant, le coût total des concentrés finit par être le plus élevé des trois scénarios en raison du besoin accru en amidon provenant du maïs-grain, avec une incorporation moindre d'ensilage de maïs. La facture annuelle d'aliments achetés pour la ration avec le coût d'achat le plus bas est inférieure de 43 000 $ à celle de la ration avec le coût total le plus bas, ce qui peut être important du point de vue des flux de trésorerie, mais le rendement annuel par rapport à l'alimentation est finalement inférieur d'un peu plus de 14 000 $ avec la ration avec le coût d'achat le plus bas. Cette ration a certes le coût d'achat d'aliments le plus élevé, mais le coût total des aliments et le coût des concentrés dans la ration sont les plus faibles puisque même si l'on doit acheter plus de protéines et moins d'ensilage de foin, cela est compensé par la diminution des besoins en maïs-grain pour l'amidon grâce à la teneur plus élevée en ensilage de maïs. Le coût d'achat plus élevé est également compensé un coût de concentrés de 25 000 $ inférieur par année dans la ration avec le coût total le plus bas.

Si l'on pousse les calculs un peu plus loin pour tenir compte des terres nécessaires à la culture des ingrédients à la ferme pour les différents scénarios, d'autres informations apparaissent. On a supposé un rendement de 22 tonnes par acre pour l'ensilage de maïs, de 12 tonnes par acre pour l'ensilage de foin et de 180 boisseaux par acre pour le maïs-grain, ainsi qu'un bénéfice moyen de 250 $/acre pour les cultures commerciales, hors paiements fonciers. Le tableau 3 présente les différences.

Tableau 3 : Impacts de la superficie cultivée


Si l'on ajoute les revenus générés par les cultures commerciales grâce à la réduction de la superficie nécessaire à la culture fourragère, les différences entre les scénarios alimentaires deviennent encore plus marquées. La ration avec le coût total le plus bas affiche un avantage cumulé de 34 585 $ par rapport à la ration avec le coût d'achat le plus bas et de 14 415 $ par rapport à la ration 50-50. Il convient de noter que ces scénarios ne prennent en compte que la ration des vaches en lactation. L'ajout des différences provenant des rations d'autres sujets de la ferme peut entraîner des différences encore plus importantes.

Les producteurs laitiers utilisent différentes méthodes pour mesurer les coûts alimentaires, mais se concentrer sur une seule méthode, en particulier sur les aliments achetés, peut empêcher d'avoir une vue d'ensemble. Il est important de tenir compte à la fois des aliments achetés et de ceux produits à la ferme pour vraiment comprendre les coûts. Le scénario comparant trois stratégies alimentaires a démontré que la ration dont le coût total était le plus bas (pas seulement le coût des aliments achetés) était globalement le plus rentable, en particulier lorsque les possibilités d'utilisation des terres étaient prises en compte. Cela montre qu'une vision complète et équilibrée des coûts alimentaires est essentielle pour gérer avec succès une ferme laitière.

Il est important de noter que ces modèles alimentaires diffèrent d'une ferme à l'autre. Des facteurs tels que la valeur des terres, le rendement fourrager, le coût de production, le coût d'opportunité des ingrédients produits à la ferme et bien d'autres encore peuvent varier considérablement. Travailler avec une équipe de conseillers afin d'évaluer les coûts de la manière la plus adaptée à votre ferme est un excellent point de départ pour vous assurer que votre stratégie alimentaire des vaches en lactation optimise les profits pour votre ferme.