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Bien que la récolte de 2024 soit maintenant terminée, l’industrie agricole canadienne continuera de faire face aux défis permanents posés par les mycotoxines. Les mycotoxines, des toxines chimiques naturelles produites par certaines moisissures, ont été associées à toute une série de problèmes chez les animaux de ferme.
Des études indiquent que les mycotoxines peuvent réduire la consommation alimentaire, altérer la fonction ruminale, endommager l’intégrité intestinale, diminuer la réponse immunitaire, entraîner une mauvaise performance reproductive et altérer la production ou la qualité du lait.
L’impact cumulatif de ces défis représente un lourd fardeau économique pour les producteurs. Il est essentiel de reconnaître et de traiter ces menaces cachées pour maintenir la santé animale et optimiser la production.
Pour relever les défis associés aux mycotoxines, une gestion proactive est essentielle. Une étape pour aborder le risque de mycotoxines consiste à connaître votre risque de mycotoxines. À l’aide des résultats de l’analyse des récoltes canadiennes 2024, les producteurs et les nutritionnistes peuvent accroître leurs connaissances, ciblant ainsi de manière proactive des aliments particuliers, des fermes ou des régions qui ont besoin d’un soutien supplémentaire pour la gestion des mycotoxines.
Nous avons effectué une analyse approfondie pour évaluer le risque de mycotoxines dans les cultures de 2024, analysant plus de 1 500 échantillons de céréales et de fourrages de nouvelles cultures à travers le Canada de juillet à décembre 2024. Trois toxines du Fusarium, soit le désoxynivalénol (DON), les toxines T2-HT2 et la zéaralénone (ZEA), ont fait l’objet de l’analyse, car elles présentent généralement certaines des occurrences et des risques les plus élevés au Canada. Dans l’ensemble, les résultats montrent que tous les produits présentent un risque de contamination par les mycotoxines, bien que les fourrages et les produits du maïs puissent souvent présenter un risque plus élevé.
Outre les résultats concernant les mycotoxines individuelles, cette étude a également fait état du risque total de mycotoxines auquel une vache peut être exposée en raison de l’association de mélanges de mycotoxines ensemble. Des risques importants découlent de l’association de deux mycotoxines ou plus. Bien que les mycotoxines individuelles puissent être considérées comme à faible risque, leur impact cumulatif peut entraîner de graves problèmes de santé. Pour comprendre le risque total pour l’animal, nous avons utilisé la mesure de la quantité équivalente de risque (REQ) d’Alltech. La valeur du REQ fournit une estimation du risque total de mycotoxines compte tenu du mélange de mycotoxines présentes, ce qui permet aux producteurs de prendre des décisions plus éclairées sur le risque et la gestion des mycotoxines.
Principaux résultats par aliment pour animaux
Le risque de mycotoxines peut varier considérablement selon la région et le type d’aliment. Il est important de comprendre le risque potentiel de mycotoxines dans vos aliments cultivés localement, ainsi que le niveau de difficulté des produits transportés d’autres régions ou provinces de culture.
Ensilage de maïs
Partout au Canada, l’ensilage de maïs continue d’être un produit à risque élevé, comme les années précédentes. Bien que le type et la teneur en mycotoxines varient d’une région à l’autre, les mycotoxines fusarium restent un défi constant. En Colombie-Britannique, la T2-HT2 a été détectée le plus souvent et présentait un risque plus élevé, tandis que la Zéa avait tendance à être plus fréquente dans les autres provinces. Bien qu’il soit légèrement moins répandu, le DON est demeuré une mycotoxine préoccupante en raison de sa détection fréquente et de la possibilité de niveaux de contamination à risque plus élevé.

Maïs grain
Le maïs évalué dans l’analyse des récoltes a montré un risque croissant d’ouest en est, le risque le plus élevé étant enregistré dans les échantillons de grains du Québec. Bien que la détection de mycotoxines ait été plus faible que dans l’ensilage, des concentrations élevées ont été détectées dans certaines régions.
Blé et orge
Les échantillons d’orge et de blé canadiens de 2024 continuent de montrer que ces grains présentent un risque plus faible de mycotoxines que le maïs, bien qu’une contamination occasionnelle à haut risque ne puisse être exclue. Les concentrations moyennes de mycotoxines étaient plus élevées en Ontario que dans les Prairies. L’orge était un produit à risque plus élevé que le blé cette année.

Garder un œil sur la saison de croissance 2025
À l’horizon de 2025, nous ne pouvons pas encore dire quel sera le risque lié aux mycotoxines au Canada. Bien que des variations annuelles varient d’un aliment à l’autre et d’une province à l’autre, il est presque certain qu’il y aura un certain niveau de défi lié aux mycotoxines à la ferme. Même si les conditions météorologiques pendant la croissance et la récolte jouent souvent le rôle le plus important dans l’apparition, le type et la concentration des mycotoxines, certaines techniques de gestion peuvent être mises en œuvre pour atténuer le risque :
- Récoltez l’ensilage avec une teneur sèche appropriée (34 à 37 MS), selon le type de stockage.
- Plantez des unités thermiques pour le maïs qui correspondent à la température moyenne par emplacement afin de réduire le mildiou en fin de saison.
- Une densité de plantation précise par variété de plantes est essentielle.
- Utilisez des variétés de maïs défensives dans les zones basses et/ou les zones de rosée abondante ou de brouillard.
- Les fongicides ne garantissent pas la réduction des mycotoxines; faites attention à la classe, au type et au moment de l’application, qui sont tous importants.
- Alternez les cultures si possible.
- Surveiller les conditions météorologiques et les facteurs de stress des cultures (météo, insectes, etc.).
- Gardez à l’esprit que le stress de fin de saison peut augmenter considérablement la concentration de mycotoxines.
- Évitez de donner des céréales visiblement moisies en guise de fourrages.
- Testez et surveillez régulièrement l’évolution du risque de mycotoxines.
- Surveiller les signaux des vaches lors du changement de source d’alimentation.
Résumé
Les mycotoxines sont un défi constant pour l’industrie laitière, avec le potentiel d’influencer la productivité et la rentabilité des fermes. Même des niveaux apparemment inoffensifs de mycotoxines peuvent avoir des effets néfastes sur la santé animale lorsqu’ils sont consommés au fil du temps. De plus, la combinaison de plusieurs mycotoxines augmente le risque total pour l’animal. À l’avenir, une surveillance proactive et la mise en œuvre de stratégies ciblées demeurent essentielles pour protéger la santé animale et optimiser la productivité.
Pour en savoir plus sur les résultats par province, veuillez télécharger une copie du rapport d’analyse des récoltes 2024 d’Alltech sur le site Web ici.
Dre Alexandra Weaver est le support technique global pour le groupe de la technologie chez Alltech.




